Disparition d’Oscar Rosowsky (1923-2014)

Par 1 décembre 2014Archives

Disparition d’Oscar Rosowsky (1923-2014)

par Aziza Gril-Mariotte

 

Le 7 novembre, le docteur Oscar Rosowsky nous quittait. Avec lui, c’est un des derniers témoins de l’époque de la guerre qui disparaît.

Arrivé au Chambon début 1943, âgé de 20 ans, il devient « Jean-Claude Plunne » et participe de manière active à la résistance. « C’est avec lui [Samy Charles] et un autre résistant, élève de première et pion au Collège Cévenol du Chambon, Louis de Juge, avec Gaby Barraud et l’aide de Roger Klimowitzky, un commissaire éclaireur israélite, que nous avons installé, puis assuré jusqu’à la Libération, le service de fabrication et distribution de faux papiers destinés aux juifs, aux résistants et aux maquisards de toute la région » (O. Rosowsky, 2008). Ils ont ainsi, jusqu’à la Libération, fabriqué des milliers de faux papiers de toutes sortes pour les réfugiés et les réfractaires, permettant ainsi à de nombreuses personnes d’échapper aux arrestations.

Difficile d’imaginer la disparition de cet homme énergique, passionné, parfois exalté lorsqu’il s’agissait de parler des moments vécus sur le Chambon et le Plateau pendant la guerre. Mais surtout un infatigable porteur de la mémoire, de sa mémoire, parfois combatif et rarement d’accord avec les historiens. Du Chambon, il aimait dire qu’il lui avait sauvé la vie et vouait une reconnaissance éternelle à Mme et M. Héritier qui l’avaient accueilli à la Fayolle. Il n’oubliait pas le pasteur Daniel Curtet et les habitants de Fay-sur-Lignon qui avaient caché sa mère.

Mais on sait peu combien le Chambon lui doit. C’est lui, avec tant d’autres, qui a contribué à l’apposition de la plaque commémorative en face du temple, en 1979. Depuis, il est revenu à plusieurs reprises. Je l’ai rencontré lors de sa dernière visite en 2002, émue et impressionnée de discuter avec celui qui me semblait sorti d’un roman d’espionnage. Lorsque j’ai commencé à travailler sur le projet du Lieu de Mémoire, j’ai cherché à le revoir. Il m’a reçue chez lui en région parisienne en 2011 et j’ai retrouvé chez lui la même flamme. Il était plutôt rétif et aurait voulu refaire l’histoire, mais lorsqu’il a compris que nous œuvrions pour transmettre la mémoire des réfugiés et des résistants, il a accepté que son témoignage y figure, fidèle à sa volonté de transmettre.

L’intégralité de son témoignage est consultable en ligne : http://grands-entretiens.ina.fr/consulter/Shoah 

KMBT_C284e-20140829161043

Fausse carte d’identité réalisée par Oscar Rosowsky et ses compagnons pour un réfractaire au STO (©Fonds Cachard)

 

Participez à la discussion Un Commentaire

  • Jérôme Rougé dit :

    Bonjour
    étant aussi de la famille Rosovsky et en contact avec Oscar, je m’efforce que sa mémoire et son nom figure au Mémorial de Rivesaltes.
    Lieu ou sa mère et mon grand père Raphaël Rosovsky furent enfermés en 1942
    Etant à Perpignan et possedant des documents familiaux, ceux ci seront consultables au Mémorial inauguré hier, le 16 Octobre 2015 et ou j’ai parlé de lui.

    Mon facebook
    Jérôme Rougé
    Perpignan

Commenter